saint-louis jazz

Saint-Louis Jazz - Virtuose Rhoda, tendre Aminata

Rhoda Scott, cette organiste aux pieds nus, a administré la preuve que le gospel, le negro spirituel, ces musiques noires, sont à la base du iazz. Au-delà de l'improvisafion, elle a réussi à faire swinguer sa musigue pour l'inscrire dans une dynamique plus vaste. Idem pour la iazzwoman sénéealaise, Aminata Nar Fall, qui a donné une nouvelle orientation à sa carrière en terre africaine.

De la pointe des pieds, elle s'est proposée une cavalcade, une chevauchée, pour donner la pleine mesure de la maîtrise de son instrument. Rhoda Scott, organiste aux pieds nus, est une femme-orchestre. Si elle était sénégalaise, elle serait classée dans la catégorie des “ diongomas ”. Son regard percutant a enflammé le public lors de sa première apparition. Ses doigts étaient plongés dans son orgue “ Hammond ”, un instrument élaboré par l'Américain Laurens Hammond en 1934, capable de créer des millions de sonorités. Son chant est à la limite écarlate, teinté de mélancolie. Tard dans la soirée de vendredi dernier, la voix de Rhoda s'est mêlée au bruissement des vagues pour porter loin la souffrance d'un peuple arraché à l'affection de sa terre natale, Saint Louis, île symbole de la pénétration coloniale et point de départ de la traite négrière, de la transplantation de millions d'êtres. Autant de souvenirs qui ont été brassés par la diva sur les berges du fleuve Sénégal. Le chant “ Negro ” qu'elle a servi sur le plateau de Saint?Louis-Jazz ne pouvait que s'inscrire dans la tradition. Un chant qui traduit l'espoir que lon nourrit dans la bonté et l'amour du “Père de la Trinité chrétienne”. Né dans les camps d'esclaves noirs aux 18ème et au début du 19ème sièce de la rencontre de la tradition africaine du chant avec la conversion lors des grands “ renouveaux religieux ” aux formes les plus libres du Protestantisme, le negro spirituals identifie le destin du peuple noir à celui d'Israêl aux heures les plus sombres de son histoire : captivité en Egypte et exil à Babylone.

Saint Louis-Jazz baignait dans une ambiance religieuse. Le public, à l'image d'une chorale, celle des… martyrs de l'esclavage, en assurait les chœurs. Un décor enchanteur qui a rendu heureuse la “ prêtresse ” de la soirée, qui s'est rappelée qu'elle a grandi sous l'ombre d'un père pasteur itinérant et dans l'atmosphère des petites églises noires de la côte Est-américaine. Rhoda Scott, c'est avant tout, un feeling à la fois vocal et instrumental, quelle a puisé dans son passé gospel et negro spirituals dès huit ans. A l'âge de 25 ans, elle sort de la Manhattan School of Music de New York. Elle fut aussi Grand prix du Conservatoire avec mention spéciale du jury. La critique a raison de dire que c'est “ une grande, une très grande virtuose”. Une appréciation partagée par les Saint?louisiens, nostalgique du jazz et autres sonorités transplantées de l'autre côté de l'Atlantique, à l'image du rythm'n'blues. Un public qui a bien adopté cette musicienne qui a commencé son apprentissage chez Count Basie dans les profondeurs de Harlem, le quartier de la renaissance black, foyer d'éclosion de la musique américaine.


Article ajouté le 2009-08-25 , consulté 2 fois

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