A mon avis
A mon avis
Jour de vérité
Par Doudou SARR NIANG
Incontestablement, avec le vote par l’Assemblée nationale de la mise en accusation de l’ancien Premier ministre, il ne s’agit ni plus ni moins que d’une affirmation d’un débat citoyen, par essence démocratique. Un acte qui s’éloigne à bien des égards du vacarme politico-politicien qu’on voudrait imputer à cette affaire. Pour la bonne et simple raison que le rendez-vous de ce matin au sein de l’hémicycle ne doit pas prendre la forme d’un débat politique, parce qu’il n’en est pas un. Mais seulement, une occasion pour baliser un large boulevard qui mène vers la manifestation de la vérité. Une vérité historique qui doit transcender toutes les appartenances politiques. Car, il y va de la crédibilité de nos institutions. Mais aussi et surtout de nous autres Sénégalais qui aspirons à plus de justice, d’équité et d’égalité devant la loi.
Aujourd’hui, l’Assemblée nationale est interpellée autour d’une question centrale ; le devoir de clarté pour édifier toute une Nation sur les milliards dépensés du jour au lendemain à Thiès. Sans que personne, même le Chef de l’Etat, qui avait pourtant investi l’ex-Premier ministre de sa confiance, en ait été informé. Alors, ce matin l’Assemblée nationale est en droit de rétablir la légalité constitutionnelle. D’autant plus que dans son préambule, le texte fondamental dit clairement que : le peuple sénégalais souverain affirme son attachement à la transparence dans la conduite et la gestion des affaires publiques ainsi qu’au principe de bonne gouvernance. Alors, quoi de plus légitime que cette constitution votée par la majorité du peuple sénégalais serve de base à la primauté des principes de bonne gouvernance. Surtout que l’Assemblée nationale, contournée dans cette affaire dite des Chantiers de Thiès, a été rétablie dans son dans son droit le plus absolu ; celui de permettre les conditions d’éclatement de la vérité. Afin que les portes de l’impunité soient fermées à jamais.
Si, toute une stratégie a été orchestrée par le passé pour ignorer les représentants du peuple, ces derniers doivent se sentir offensés par de telles pratiques. Et à ce titre, l’Assemblée nationale se trouve dans l’obligation d’exercer son rôle de contrôle de l’action du gouvernement. Ainsi, l’acte qui a été posé, c’est moins pour la représentation nationale de juger que de permettre à tout un peuple d’être édifié une bonne fois sur cette affaire. Nul ne saurait prétexter un quelconque argumentaire pertinent autre que l’inscription par tous dans la dynamique de la manifestation de la vérité.
Mis devant leurs responsabilités, les députés doivent savoir que l’heure de vérité a sonné. D’autant plus qu’aucun manquement ne pourrait être toléré dans cette affaire où le principe de la présomption d’innocence est clairement admis. Alors, il est heureux de constater, comme le dit le procureur général que, pour une bonne administration de la justice, toutes les personnes contre lesquelles existent des présomptions d’implication dans la commission des infractions aux lois pénales relevées, co-auteurs ou complices de celles qui sont justiciables de la Haute Cour de Justice, soient régulièrement traduites devant la juridiction de Droit commun. Il revient à la classe politique sénégalaise de prendre l’exacte mesure de l’enjeu. Interpellés au plus haut niveau, les hommes politiques sénégalais doivent savoir que rien ne sera plus comme avant. Tous ceux qui sont appelés à gérer une parcelle d’autorité, devront rendre compte ; c’est-à-dire se soumettre au jugement de leurs compatriotes.
Donc, il faut se rendre à l’évidence que le Président de la République a posé des actes que tout patriote se doit d’apprécier à leur juste valeur. La preuve, il a promis, devant le peuple qui lui a investi de sa confiance, de poursuivre cette affaire jusqu’à son terme. Un signal fort qui s’inscrit dans une dynamique de transparence et de bonne gouvernance qui fonde toute démocratie qui se veut exemplaire. Mieux, comme l’a souligné l’Union pour renouveau démocratique, ‘’il s’agit là d’une exigence éthique et morale que nous impose le respect du au contribuable et à l’ensemble du peuple sénégalais, et aux principes inscrits dans notre constitution comme la bonne gouvernance, la transparence et la lutte contre la corruption.

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