La culture dans la banlieue dakaroise
Infrastructures culturelles
La banlieue dakaroise, parent pauvre
La banlieue dakaroise, laissée pour compte
Le rêve est-il permis pour les acteurs culturels de la Banlieue. A priori non ! Car, ces hommes et femmes imprégnés de la chose artistique dans toutes ses composantes souffrent le martyr d’être des laissés –pour- compte des autorités locales. Aucune politique culturelle n’est inscrite à l’actif des municipalités de Pikine, Guédiéwaye et Parcelles. Quant aux structures existences, elles ne font l’objet d’aucune attention particulière.
Radioscopie des infrastructures culturelles de la banlieue dakaroise.
COMPLEXE Léopold Sédar Senghor
Trop longtemps, la banlieue dakaroise a souffert d’un défaut d’infrastructures pour le plein épanouissement des acteurs culturels. Et l’on se rappelle qu’à Pikine, le complexe Léopold Sédar Senghor qui aurait pu valablement servir de cadre d’expression culturelle et artistique, avait été squatté par la municipalité de Pikine. Ainsi, il a fallu plusieurs années avant que le maire et son équipe n’évacuent les lieux, pour permettre à la culture de regagner son temple. Au grand bonheur de ces ardents défenseurs, à l’image du vieux saxophoniste Bira Guèye dont le souffle retentissant de son instrument continue de bercer des générations de Pikinois. Malheureusement, le complexe culturel Léopold Sédar Senghor constitue, selon la formule consacrée, « l’arbre qui cache la foret ». Pour la bonne et simple raison que la mise en place de ce cadre de convergence culturelle ne s’est pas accompagnée d’une bonne politique de promotion des arts et de la culture dans la banlieue.
Théâtre de verdure de Pikine
Aujourd’hui, pour organiser un concert à Pikine, il faut aller au stade Amadou Barry de Guédiawaye avec tous les risques et périls que cela comporte. Car, ce stade n’offre pas toutes les garanties sécuritaires pour d’éventuels promoteurs de spectacles qui risquent de se retrouver dans une situation dramatique à l’heure des comptes. Que dire alors du stade Alassane Djigo de Pikine qui donne sur le fameux marché « Syndicat », même les rappeurs les plus hards dans leurs textes n’osent s’y promener pour honorer un spectacle, fut-il gratuit ? Simplement parce que l’endroit ne s’y prête pas, parce qu’inapproprié. Quant au Théâtre de verdure de Pikine, sa situation est on ne peut plus triste. Car, il aurait pu valablement permettre à la culture en banlieue de trouver un terreau fertile. Malheureusement, il est laissé dans une situation de léthargie profonde. Sans compter le défaut d’entretien qui ravage cet espace de détente et de loisir.
Centres socio-culturels
A Guédiawaye ou aux Parcelles assainies, l’existence de centres socio-culturels n’a pas permis aux acteurs culturels de jouir pleinement de leurs passions. Car, ces endroits n’avaient pour seule vocation que de recevoir, les jeunes filles et garçons, pour les bals du samedi soir. Et le dimanche, les réceptions et autres communions folkloriques d’après mariage.
Production Musicale
Pour les musiciens de Pikine, seul le studio « Mobil sound » avait cherché à rompre avec cette situation. Si, ses animateurs ont, des années durant aidé les jeunes artistes de la banlieue à disposer de maquettes pour leur permettre de vivre pleinement leurs métiers, ils ont fini par déménager pour chercher à fructifier leurs investissements en allant à la rencontre d’autres jeunes dans d’autres localités de Dakar. La preuve, aujourd’hui, sur la Rue 10 à Pikine, on entend plus parler de « Studio mobil sound ». C’est uniquement à Guédiawaye, en plein marché, où l’on rencontre ces « home-studio » qui donnent un éclat aux jeunes talents. Il s’agit en l’occurrence de Sam music et de London music ; d’anciennes « shop-music » qui se sont transformées en petits labels. Pour preuve, London Music a récemment produit la diva Dial Mbaye pour lui permettre de retrouver sa place dans la cour des reines. Aux Parcelles assainies, c’est le studio « Technics Baye » de Béthio Amary Diop qui fait la fierté des jeunes musiciens en quête de bons sons. Eu égard aux investissements réalisés par le propriétaire de ce studio d’enregistrement, certains grands noms de la musique sénégalaise n’hésitent même pas à s’offrir les services de ce jeune technicien avant d’aller à la conquête du marché. Malheureusement, le manque de moyens constitue un handicap majeur pour le développement de ses activités. Dans la mesure où, le studio ne peut compter sur aucun soutien de la part des autorités locales qui n’ont pas fait de la promotion des activités culturelles et artistiques une préoccupation majeure. Raison pour laquelle, les musiciens de la banlieue sont obligés de se tourner vers Jololi, le Studio 2000 ou encore Sandaga pour espérer retrouver un jour, leurs produits dans les bacs.
Arts plastiques
Existe t-il des galeries d’art à Pikine ? Difficile de répondre à cette question, eu égard aux réalités d’une galerie d’art, comme on en voit un peu part dans les quartiers résidentiels ou en ville. ET pourtant, la banlieue regorge de talent artistique qui ont réalisé des chefs d’œuvres sur les cimaises de la galerie nationale, à l’Alliance Franco-sénégalaise, ou dans certaines salles privées dakarois avec des collections dignes de grands maîtres de la peinture. Il suffit seulement de prendre l’exemple de quelqu’un comme Sérimacen pour se rendre compte de la pertinence des choix artistiques des plasticiens de la banlieue. Malheureusement, ils sont réduits à un travail d’atelier sans aucune possibilité de visibilité artistique. Tout juste, le voisin sait qu’il y a un peintre dans le coin. Sans jamais avoir la possibilité d’apprécier ses œuvres d’art à leur juste mesure. Et pourtant, une galerie d’art dans la banlieue aurait aidé tous ces jeunes artistes peintres à
Théâtre
Il faut aller chez Malick Ndiaye « Fara Thial thial » à Pikine Rue 10, pour se rendre compte du calvaire des comédiens. Car, c’est chez lui où ce « monument » du théâtre sénégalais fait ses répétitions avec les membres de sa troupe… dans l’intimité familiale. Et pourtant, le théâtre de verdure de Pikine ou le complexe culturel Léopold Sédar Senghor auraient pu valablement servir pour ces comédiens.
Boites de nuit
Si, ces dernières années, le « Bideew bi night » a été le carrefour des mélomanes de la banlieue dakaroise, cette boite de nuit semble avoir fait long feu. Car, rares sont les vedettes du show-biz sénégalais qui pensent s’y produire. Même pour honorer un rendez-vous avec les fans. Peut-être parce que l’endroit n’offre plus de garanties sécuritaires. Aujourd’hui, c’est le complexe le « Ravin » du guitariste Alassane Ngom qui a ravi la vedette au Bideew bi. Pour preuve, la dernière soirée anniversaire de Pape Diouf et son orchestre «Génération consciente » a été un succès total. Et aujourd’hui, ce sont de grands noms de la musique sénégalaise comme Omar Pène, qui s’y produisent. Alors que, par le passé, les gens pensaient que le Ravin ne pouvait accueillir que des « salséros » en souvenir du « bon vieux son ». A Thiaroye, le "Teen-bi" n’accueille plus que de petites manifestations et autres mini-concerts qui drainent des habitués venant de Guédiwaye et Pikine.
Doudou SARR NIANG

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