Misères d'un DG
Misères d’un DG
Cinq ans auparavant, il a été plus que puissant. Hyper-puissant pour comprendre la pleine mesure de ses prérogatives ; parce que 2190 jours durant, cet homme a régné d’une main de fer sur une société qui, au bas mot, pèse 2 milliards de francs Cfa. Malheureusement, quelques mois ont suffi pour le ravaler au rang de… sous-homme. Aujourd’hui, il fait pitié à voir. Et ceux qui le connaissaient rayonnant par le passé, auraient du mal à le reconnaître. Tellement, l’homme s’est métamorphosé ; dangereusement même. Au point d’être méconnaissable. Peut-être parce qu’en prison, son honneur a été bafoué. Pis encore qu’il ait été maintes fois humilié derrière les barreaux de ce fameux espace compris entre 100 mètres carrés. Toutes choses qui l’ont profondément marqué au point d’aliéner son comportement. Difficile de ne pas avoir pitié de cet homme qui a atteint le sommet de la gloire après avoir gravi tous les échelons au sein de l’entreprise qui lui a permis de goûter aux délices du pouvoir, de la richesse et de l’ostentation. Tragique destin pour un homme qui n’a jamais voulu pardonner aux autres certaines fautes, pourtant banales.
Aujourd’hui que lui reste t-il à faire ? Sinon se résigner et adopter le profil bas pour ne pas rencontrer dans ses pérégrinations dakaroises, ses anciens employés. Surtout ce vieux qui s’est vu un jour décerner une mise à pied de huit jours pour avoir manqué de vigilance dans l’accomplissement de son travail. Ce sera vraiment le comble du désespoir pour cet homme qui n’a pas hésité à manger à deux « râteliers » avant de se retrouver pris entre les mailles des filets des audits commandités par le gouvernement de l’alternance. Et pourtant, le DG pensait que son bilan à la tête de l’entreprise allait lui servir de bouclier pour échapper à la traque des inspecteurs d’Etat engagés dans une chasse sans merci aux fautes de gestion et autres actes répréhensibles par la loi.
Et pourtant, à tous ceux qui voulaient l’entendre, le DG malheureux ne cessait de marteler que ses actes de gestion au quotidien étaient du béton. Mieux, que tout le monde pouvait constater de visu ses réalisations. Que jamais, sous son magistère, il n’y a eu de détournements encore moins de malversations ou autres forfaitures. C’était mal comprendre cet homme qui n’avait pas hésité à s’octroyer deux salaires, deux primes de fonction, deux primes de responsabilité, deux indemnités de logement, deux dotations en carburant. Sans oublier les autres gratifications inconnues des registres de la comptabilité. Simplement parce qu’il avait réussi le pari de diversifier l’offre de services. Ainsi, à la fin de chaque mois, Monsieur le Directeur général se payait gracieusement la somme d’un million neuf cent mille francs Cfa. Une sacrée somme au moment où une certaine catégorie du personnel se retrouvait tous les 26 du mois avec la modique somme de 33 000 F cfa. Un désastre financier.

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