Oumy Khairy Guèye Seck, ministre de l'Elevage

 

Oumou Khairy Guèye Seck, ministre de l’Elevage

‘’Aujourd’hui, le Sénégal est indemne de la grippe aviaire…’’

Même si, aujourd’hui, le Sénégal n’est pas, de façon directe et imminente sous la menace de la grippe aviaire, les plus hautes autorités de l’Etat ont pensé prendre les devants. Ainsi, plusieurs mesures ont été annoncées à la suite d’un récent conseil des ministres réuni autour du Chef de l’Etat, Maître Abdoulaye Wade. Et, Mme le ministre en charge de l’Elevage Oumou Khairy Guèye Seck s’est fait un point d’honneur de relever le défi face à la menace. Le plan national de prévention et de lutte, que ses services, ont élaborés a été approuvé à l’unanimité lors d’un conseil interministériel. Ce qui témoigne de la volonté des autorités de prévenir tout risque de grippe aviaire au Sénégal.

Propos recueillis par Doudou SARR NIANG

 

Mme le ministre, face à la menace de la grippe aviaire, le Chef de l’Etat a jugé utile d’en parler en Conseil des ministres. Mieux, un certain nombre de mesures ont été annoncées pour faire face à une telle éventualité. Alors, quelle est aujourd’hui la situation qui prévaut au Sénégal ?

Vous savez, gouverner, c’est prévoir. Nous ne sommes pas certains, aujourd’hui, que la grippe aviaire nous menace de façon directe et imminente. L’épidémie de grippe aviaire qui est une maladie très grave, connaît actuellement une extension au niveau mondial. A cause des oiseaux migrateurs, nous avons des risques sur l’Afrique et sur le Sénégal en particulier. Puisque nous avons plusieurs parcs ornithologiques qui accueillent des oiseaux provenant des pays actuellement infectés par la grippe aviaire. Donc, nous sommes réellement sous la menace. C’est la raison pour laquelle, nous prenons les devants en anticipant sur les moyens de lutte et de prévention. Donc, c’est une réaction stratégique que nous avons eue, face à la menace qui existe. Par le passé, nous avons eu la vache folle en Europe, la contamination des œufs à la dioxine entre autres. Cause pour laquelle, nous avons voulu tirer les leçons de ces évènements afin de prendre en charge les choses tout de suite avant qu’il ne soit trop tard. C’est-à-dire, avant que la menace ne soit très précise et que nous soyons infectés de façon sure. Aujourd’hui, le Sénégal est indemne de cette maladie. Ainsi, nous voulons prendre toutes les précautions pour éviter l’introduction de cette maladie dans notre pays.

Mme le ministre, vous avez dit tantôt que la grippe aviaire est une maladie dangereuse. Mais, quelle est la nature véritable de cette pandémie ?

La grippe aviaire est une maladie virale. C’est une grippe qui est très contagieuse, avec des taux de mortalité extrêmement élevés chez les volailles qui sont les premiers touchés. Mais aussi chez les humains, car il y a l’une des souches de ce virus, c’est-à-dire le H5N1 à l’origine de cette épidémie ayant éclaté depuis quelques années et qui a touché les pays d’Asie surtout avant d’entraîner des mortalités chez les humains. Nous avons recensé 117 cas à travers le monde pour 60 mortalités. Ce qui prouve que le taux de mortalité est très élevé. Il n’y a pas beaucoup de maladies qui ont de pareils taux de mortalité. La gravité de la maladie vient aussi du fait que les scientifiques et autres spécialistes pensent quasiment à l’unanimité qu’il est possible de voir ce virus muter et se spécialiser à l’homme et lui soit spécifique. S’il arrive que le virus rencontre le virus de la grippe humaine chez un humain, il pourrait changer de forme et d’apparence et être spécifique à l’homme. C’est-à-dire qu’il pourra se transmettre d’homme à homme. C’est ce que redoutent les spécialistes. Car, dans ce cas, comme le mode de contagion est aérien, cela pourra entraîner une épidémie avec des mortalités importantes. ON compare cette menace avec ce qui s’est passé avec la grippe espagnole qui a tué des millions de morts à travers le monde. C’est la preuve que le danger encouru par les populations est énorme. De plus, en Afrique, nous avons peu de moyens. Nos services vétérinaires, notamment les autres services qui devraient s’occuper de ces questions, ont peu de moyens. S’il arrivait un jour que la maladie pénètre dans notre pays, nous aurions beaucoup de difficultés à faire face, si nous ne prenons pas les devants aujourd’hui. Voilà pourquoi nous avons décidé de mettre en place un vaste plan de prévention et de lutte.

Comment cet ambitieux plan est-il articulé au niveau national pour prévenir la grippe aviaire au Sénégal ?

Ce plan de lutte, nous l’avons élaboré sur instruction du chef de l’Etat. C’est Monsieur le Président de la République qui nous a demandés, lors d’un conseil interministériel où j’étais moi-même intervenue pour attirer l’attention du Gouvernement sur la menace, de présenter un plan. A la suite de cela, j’avais mis en place un comité constitué des différents départements ministériels, des institutions, des services, des organisations professionnelles qui sont parties prenantes dans cette lutte. Ce comité, fort d’une vingtaine de membres, a travaillé pendant 15 jours et nous a présenté un document qui a été présenté hier ( avant-hier ddlr) au Premier ministre qui avait été désigné par le Président de la République pour coordonner la lutte. Au cours du conseil interministériel d’hier ( avant-hier), ce plan a été adopté à l’unanimité par le Gouvernement, et officiellement le comité a été mis en place, par arrêté du Premier ministre, avec sa composition, ses missions, avec un coordonnateur national, en l’occurrence mon Conseiller technique N°1, le Dr Sabibou Fall. Ainsi, le Conseil interministériel a été l’occasion de lancer ce plan de prévention et de lutte. Tout le monde a reconnu qu’il est nécessaire de mettre en place ce plan afin qu’on puisse dérouler les actions qui sont contenues dedans.

 

Relativement au déroulement de ce plan, quelle sera la portée des actions au niveau du monde rural où les gens pratiquent une aviculture traditionnelle, sans aucune précaution d’usage ?

Lorsque nous avons mis en place le comité national de prévention et de lutte, nous avons pensé que ce qu’il devait travailler sur le terrain ; et notamment au niveau des zones rurales. Car, au Sénégal, la menace est importante de ce point de vue, car nous un élevage avicole traditionnel qui est le mode le plus répandu. Cet élevage mené en plein air, augmente les risques de contamination. Nous avons pensé que c’est au niveau local où l’on doit mener réellement la lutte. A côté de ce comité national, nous avons mis en place des comités régionaux qui regroupent l’ensemble des services compétents et les organisations professionnelles. Aussi, nous avons mis en place des comités locaux, jusque dans les communautés rurales et les villages qui sont pilotés par les sous-préfets, les agents des services vétérinaires et les agents de santé. Toutes les mesures qui seront prises au niveau du comité national seront répercutées à la base et appliquées par les comités locaux.

Mme le ministre, est-ce qu’un accent particulier a été mis sur la formation des agents vétérinaires appelés à intervenir sur le terrain pour barrer la route à la grippe aviaire ?

C’est un aspect très important, car c’est une maladie qui nécessite un certain nombre de précautions. Ainsi, dans ce plan, nous avons une stratégie de formation qui a été mise en place et qui concerne toutes les personnes qui sont directement exposées aux risques de la grippe aviaire. Il s’agit des agents des services vétérinaires, des services de santé, des parcs nationaux. Car, c’est au niveau de ces sites ornithologiques que sont les parcs nationaux où la menace est la plus directe. Donc, tous ces agents, au même titre que le chasseur professionnel seront mis dans ce plan de formation qui va être déroulé avec le Plan national. Il y a des thèmes de formation qui ont identifiés en direction de chaque acteur. Dès lors, tout cela sera mis en œuvre pour protéger les personnes les plus exposées et les populations. Nous allons aussi avoir un plan de communication, d’information et de sensibilisation qui est, à mon avis, la partie la plus importante du Plan. Et nous comptons sur tous les médiats et les professionnels de l’information et de la communication pour réussir ce plan.

Mme le ministre, lors de l’affaire dite des œufs contaminés à la dioxine, vous n’avez pas hésité un seul instant à descendre dans les fermes avicoles pour rassurer les populations. Face à la menace de grippe aviaire alliez-vous adopter la même démarche pour sensibiliser les populations et les aider à adopter de nouveaux comportements ?

Ceci est une partie importante de notre plan de communication. Non seulement, nous devons alerter les populations, mais surtout aussi les techniciens et les politiques, pour nous permettre de conserver notre statut indemne de cette maladie. Autant, nous devons rassurer les populations. Car, il est bien vrai qu’il y a une pression médiatique très importante sur la grippe aviaire. Ainsi, les personnes non averties ne savent plus à quel saint se vouer. Notre devoir, c’est d’aller vers les populations et de les expliquer que nous sommes en train de prendre toutes les mesures idoines pour pouvoir protéger notre pays de cette menace.

Par rapport aux mesures pratiques, il y a l’arrêt de l’importation des produits et de matériels avicoles entre autres, ne serait-ce que pour prévenir la menace. Comment comptez-vous vous y prendre pour les rendre effectives ?

Nous avons senti cette menace depuis le départ. Et c’est le Président de la République qui, le premier, a pris la décision. Il l’a lui-même annoncé au cours du conseil interministériel. C’est-à-dire que les importations de produits avicoles et de volaille sont suspendues sur le marché national. Ainsi, nous avons mis en place un système de contrôle avec le renforcement des services vétérinaires au niveau des frontières pour qu’ils puissent contrôler une éventuelle entrée frauduleuse de ces produits. Donc, la décision est prise et aujourd’hui, nous sommes en train de l’appliquer avec les services de la douane et les forces publiques pour faire barrage à ce type de produits. Evidemment, il y a des précautions qui sont prises pour que la filière avicole locale puisse continuer de survivre et d’approvisionner le marché, parce que les Sénégalais ont besoin de ce type de produits. Mais, dorénavant, nous ferons en sorte que cette volaille provienne seulement de notre pays. Cela est très important pour prévenir la grippe aviaire, car une introduction par ces produits est possible. Une introduction par du matériel usager que les aviculteurs utilisent de temps en temps est possible. Aussi, nous avons fermé nos frontières à tous les pays, parce qu’au Sénégal, nous pensons qu’on ne peut pas faire la traçabilité des produits de consommation qui nous arrivent. On peut avoir des produits qui nous proviennent de tels pays, mais qui n’ont malheureusement fait que transiter. Nous devons prendre la précaution de ne pas introduire ces produits qui viennent de pays contaminer. Il y a quelques années, nous avons eu des problèmes tels que Tchernobyl, la vache folle. Cette fois-ci, nous avons pensé nous replier sur nous-même, tant que la menace est là. Après, nous verrons ce qu’il y a lieu de faire.

Par rapport ce repli dont vous faites état, est-ce qu’il y a un appui institutionnel que vous comptez apporter aux professions de la filière avicole ?

J’ai déjà parlé avec les professionnels de la filière avicole. Nous leur avons demandé de prendre des engagements, de faire même une déclaration afin de rassurer les populations sur leur volonté de booster la filière avicole, d’augmenter la production avicole. En retour, l’Etat est prêt à les accompagner, les appuyer et leur faciliter un certain nombre de choses afin que cette relance de la filière avicole soit possible. Nous sommes en train de travailler étroitement avec eux, sur un dossier qui sera soumis au Gouvernement dans les prochains jours.

Mme le ministre, en Europe, les gens ont pensé abattre la volaille pour venir à bout du fléau de la grippe aviaire. Tantôt vous avez dit que gouverner, c’est prévoir. Alors, si par malheur, le problème se posait, quelle est la stratégie qui sera adoptée ?

Les méthodes de prophylaxie sanitaire qui sont utilisées lors des déclarations de zoonoses et de maladies comme cette grippe aviaire sont les mêmes partout. Ce sont des méthodes universelles édictées pour éviter la propagation de la maladie. Une fois qu’un foyer est détecté, nous utilisons toute notre énergie pour l’éteindre. Pour l’extinction de ce foyer, la méthode la plus simple pour les animaux, c’est la quarantaine. C’est-à-dire que nous interdisons la circulation des personnes, des biens, des animaux à l’extérieur d’un périmètre que l’on détermine. Ce sont les forces de sécurité qui nous aident à assurer la quarantaine. Une fois que la quarantaine assurée, nous faisons le stamping out, c’est-à-dire que nous éliminons tout ce qui a pu être en contact avec le virus. Donc, tous les animaux, qui ont pu être soit malades, soit approchés de près ou de loin le virus, sont éliminés. Nous les enfouissons sous de la chaux vive. C’est une manière que nous avons de détruire ces animaux. Ce sont des mesures qui sont très difficiles à appliquer. C’est très difficile de venir dans un élevage et d’abattre toute la volaille ; les populations ne l’acceptent pas. C’est difficile aussi de demander aux gens de ne pas bouger, de rester là où ils sont. C’est difficile d’interdire les rassemblements, les marchés, les gamous etc.. Autant de choses que nous interdisons lorsque ce foyer de maladie se déclare. Maintenant, pour leur faire accepter cela, nous communiquons pour leur expliquer le danger qu’il y aurait à sortir un animal d’une zone de quarantaine. Nous leur expliquons aussi le danger qu’il y a à rassembler des populations ou des animaux dans les foires et les marchés. Surtout, nous leur disons dès le départ que si jamais, on en arrivait à devoir abattre leurs animaux, ils seront indemniser. Cela est important, car si jamais, nous leur disons pas, ou que l’Etat ne peut pas indemniser les propriétaires, nous ne pouvons pas circonscrire la maladie. C’est impossible, parce que les foyers déclarés, ne nous seront pas signalés. Car, les gens auront peur que nous arrivions pour détruire les animaux et qu’en contrepartie, qu’ils ne puissent pas être indemnisés. Aujourd’hui, nous n’en sommes pas encore là. Si par malheur, on en arrivait là, il est important que les population sachent qu’elles seraient indemnisées.

Un autre point extrêmement important, Mme le ministre, c’est qu’on va aller vers l’hiver, avec le retour des oiseaux migrateurs, vecteurs potentiels de la maladie. A ce niveau, existe t-il un travail de coordination avec le ministère de l’Environnement et de la protection de la nature ?

Nous travaillons avec le ministère de l’Environnement qui, à travers la Direction des parcs nationaux, est présent dans le dispositif que nous avons mis en place. Ils ont travaillent avec nous et nous ont donné toutes les informations. Nous connaissons aussi leurs besoins. Tout cela est pris en charge par le plan. Ce que nous faisons comme surveillance épidémiologique se fait principalement au niveau de ces parcs ornithologiques là. Nous savons que le danger le plus imminent vient de là bas. Donc nous travaillons avec eux. A ce niveau nous mettons en place deux systèmes, il y a un système de surveillance active et une autre passive. La surveillance active consiste pour nous à mettre en place ce que nous appelons des poulaillers sentinelles. Ce sont des poulaillers que nous mettons dans les zones satellites des parcs nationaux pour observer le comportement de la volaille dans ces poulaillers et voir éventuellement s’il y a des comportements anormaux, des maladies, des signes cliniques qui pourraient nous permettre de dire que c’est peut être la grippe aviaire. Dans ce cas précis, nous faisons le prélèvement, le personnel qui est là, étant formé, il sait ce qu’ il doive faire. Nous faisons le prélèvement, nous envoyons au laboratoire qui sont des laboratoires de diagnostic de la grippe aviaire et nous décidons des mesures en prendre si la grippe aviaire se révèle dans le diagnostic. Ces poulaillers sentinelles sont dons mis au tour des parcs nationaux. Il y a aussi un système de surveillance passive qui concerne les agents qui travaillent dans ces structures. Nous les alertons en faisant en sorte qu’ils aient une vigilance beaucoup plus accrue vis-à-vis de certains évènements qui se passent autour d’eux ; comme la présence d’oiseaux migrateurs morts, d’oiseaux malades etc.. Donc, il y a un certain nombre de choses que nous leur apprenons et ils prennent des prélèvements le cas échéant et les envoient dans les laboratoires pour que nous puissions faire les diagnostics et prendre les mesures adéquates.

Vous avez parlé de laboratoires. Est-ce à dire qu’il s’agit de laboratoires installés au niveau régional ? Ou que tout est centralisé à Dakar ?


Au Sénégal, nous avons la chance d’avoir des laboratoires qui peuvent faire le diagnostic de la grippe aviaire. Ils nécessitent simplement une mise à niveau et leur approvisionnement en kits de diagnostic. C’est le cas du laboratoire de l’Isra qui peut faire le diagnostic des maladies aviaires. Pour la forme humaine, nous avons la chance d’avoir l’Institut Pasteur de Dakar qui peut faire les analyses. Donc, nous avons là, un dispositif d’analyse qui est présent. Pour la vaccination, nous avons la chance d’avoir un laboratoire qui est capable, après approvisionnement en souches vaccinales sur le marché international, de nous produire des vaccins contre la grippe des oiseaux.

Est-ce que, à ce niveau, vous avez pris tous les dispositifs pratiques pour un bon approvisionnement sur le marché ?

AUjourd’hui, nous avons pris les dispositions pour nous approvisionner et faire des stocks d’urgence. Ces stocks d’urgence concernent plusieurs produits. Il y a d’abord les kits de diagnostic, les souches vaccinales et les vaccins. Car, nous ne pouvons pas produire des vaccins tout de suite. AInsi, nous allons en acheter pour nous prémunir. Nous allons aussi faire des stocks d’antiviraux pour pouvoir traiter des cas humains. Aussi, dans notre plan de prévention, nous achetons le matériel de sécurité ; c’est-à-dire de protection des personnes qui seront amenées à être au contact du virus. Donc tous les techniciens qui travaillent dans les postes de santé et les postes vétérinaires. Les techniciens des laboratoires amenés à manipuler la souche vaccinale devront être protégés. Nous allons acheter aussi des matériaux de prélèvement.

Tous ces achats à faire demandent des moyens financiers considérables ?

Comme je l’ai dit hier (avant-hier) au Premier ministre, les moyens financiers que nous demandons aujourd’hui pour mettre en place ce plan, seraient multipliés par huit si jamais le virus venait à entrer au Sénégal. Et dans ce cas, nous serons obligés de faire face. Alors, autant mettre aujourd’hui 1 milliard pour éviter l’introduction du virus au Sénégal que de se retrouver dans six mois ou un an, à mettre dix milliards pour lutter contre le virus. C’est ce que tout le monde a compris au cours du conseil interministériel. Et le Premier ministre a donné les instructions au ministre des Finances pour qu’il puisse nous aider à mettre en place ce plan.

Au regard des dispositions stratégiques que vous avez prises, il n’y a pas de quoi avoir peur face à cette maladie ?

Nous le souhaitons vivement. Tout dépend de l’extension de l’épidémie au niveau mondial. Heureusement qu’à ce niveau, la lutte s’intensifie et que les gens sont conscients du danger. Tous nos partenaires au niveau international sont au chevet de cette maladie. J’espère qu’on va pouvoir l’éteindre. Si elle arrivait à s’étendre, nous avons pris toutes les précautions au niveau local. Nous participons aussi à la lutte au niveau international.

Mme le ministre, certains pourraient être amenés à prendre à la légère la menace, en pensant qu’il s’agit simplement de bien cuisiner le poulet pour tuer le virus de la grippe aviaire ?

Le virus de la grippe aviaire est sensible à la température. A partir de 70 degrés, le virus est détruit. AInsi, nous pouvons manger des produits avicoles qui sont même contaminés par ce virus. Seulement, ce que nous voulons éviter, c’est qu’au moment de l’introduction du produit avicole contaminé que les personnes puissent être en contact avec ce virus et contaminés au moment de la manipulation des produits avicoles. Aussi, ces produits avicoles, avant de les manger, il faudra les préparer. C’est là où se trouve le risque, le danger. AInsi, dans notre plan, nous avons conseillé vivement aux populations de ne jamais toucher un oiseau suspect. Si une personne venait à voir un oiseau mort, elle ne doit pas y toucher. On doit appeler les services vétérinaires pour qu’ils viennent faire les prélèvements avec toutes les précautions d’usage avant de les enfouir par la suite. IL faut vraiment que les populations puissent éviter ce contact avec.

Mme le ministre, quel est le message que vous lancez en direction des populations sénégalaises, face à la menace de la grippe aviaire ?

Je voudrais demander à toute la population sénégalaise de considérer cette lutte comme la leur. C’est une lutte que, nous ministère de l’Elevage, nous ne pouvons pas mener seul. C’est une lutte que les populations elles-mêmes doivent mener en comprenant les messages que nous leur lançons par rapport à ce danger. Mais également, en participant à la lutte par l’information qu’elles pourraient donner au comité de lutte au niveau local, au niveau régional et au niveau national. Egalement, nous leur demandons, si par extraordinaire qu’on en arrivait là, que tout le monde puisse comprendre les mesures très ardues de lutte que nous allons mettre en place et qui pourraient être assez douloureuses pour les populations.



Article ajouté le 2007-10-20 , consulté 29 fois

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